Vieille de plusieurs décennies, la coopération entre la République du Congo et le Mali requiert actuellement un coup d’accélérateur afin d’insuffler une nouvelle dynamique à l’axe diplomatique Bamako-Brazzaville. C’est tout l’objet de l’audience que le chef de l’État, Denis Sassou-N’Guesso, a accordée ce 27 octobre 2026 à Moscou au président de la transition malienne, Assimi Goïta.
Tenue en marge du 3ᵉ sommet de coopération Russie-Afrique, qu’accueille la capitale russe, la rencontre entre Denis Sassou-N’Guesso et Assimi Goïta a permis aux deux dirigeants qui se voient pour la première fois de passer en revue l’état de la coopération entre Bamako et Brazzaville et d’afficher leur volonté commune d’aller vers son renforcement.
Les échanges fructueux entre les deux personnalités leur ont également permis d’examiner avec la plus grande attention les questions diplomatique, sécuritaire et géopolitique du continent. Les discussions ont notamment porté sur la nécessité de renforcer la solidarité entre les États africains face aux menaces sécuritaires récurrentes.
À ce propos, les deux chefs d’État ont souligné que la sécurité du continent repose sur l’unité et la coopération entre les pays, plutôt que sur leur isolement.
S’agissant de la situation politique au Mali, le président Assimi Goïta, a fait part à son auguste interlocuteur, du déroulement de la transition malienne, des contraintes liées à un tel processus et des perspectives sur lesquelles elle débouchera.
De son côté, Denis Sassou-N’Guesso, dont le pays a connu des transitions, a partagé à son homologue malien l’expérience du Congo en la matière. En effet, après la Conférence nationale souveraine de 1991 et la guerre du 5 juin 1997, le Congo, en mode transitoire, a su transcender ses clivages, canaliser ses penchants et privilégier l’intérêt général de la nation.
Établis depuis plusieurs décennies, les liens de coopération entre la République du Congo et le Mali se renforcent dans plusieurs domaines clés, notamment sur le plan diplomatique, sécuritaire, agricole et artisanal. Les deux pays échangent régulièrement sur les grands équilibres régionaux, dans un contexte où la souveraineté nationale et les partenariats stratégiques occupent une place centrale.
Dans le domaine de la coopération agricole et de la souveraineté alimentaire, par exemple, les deux pays envisagent un partenariat axé sur l’agriculture et la recherche agronomique, l’objectif étant de bâtir des synergies Sud-Sud pour réduire les importations alimentaires. Le Mali met en avant son expertise reconnue dans la culture des céréales (riz, maïs, sorgho) et du coton, tandis que le Congo dispose d’un important potentiel foncier et hydrique.
Par ailleurs, des accords de partenariat dans les secteurs de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises (PME) sont en préparation entre les gouvernements malien et congolais, en vue de développer les échanges dans ces domaines.
Francis Leparrain


