RDC : La MONUSCO appelle à rompre avec la gestion réactive des catastrophes au profit d’une politique nationale durable de prévention.

Le gouvernement de la RDC a organisé du 23 au 25 septembre 2025, à Kinshasa, les assises consacrées à l’adoption de la politique nationale de gestion des risques des catastrophes (2025-2050) dans le pays. Ces assises traduisent une volonté politique de rompre avec une logique de réaction permanente pour instaurer une véritable culture de prévention, de résilience et de développement durable.

Organisées sous l’impulsion du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, ces assises ont connu la participation d’un invité de marque, monsieur Bruno Lemarquis, représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies et coordonnateur humanitaire en RDC.

Prenant la parole à la clôture de ses assises, le représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies et coordonnateur humanitaire en RDC a salué cette initiative. Il s’agit, selon lui, d’une opportunité de rompre avec la logique d’urgence constante au profit d’une approche proactive et structurante. La Monusco soutient ce signal fort de volonté politique, a ajouté Monsieur Lemarquis.

Le haut responsable onusien a insisté sur l’importance stratégique de cette nouvelle politique, qui s’inscrit dans les priorités du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes. Selon Monsieur Lemarquis, la RDC fait face à une réalité marquée par la récurrence des catastrophes: inondations, conflits, éruptions volcaniques, épidémies, autant de chocs qui fragilisent les communautés et freinent le développement national.

« La meilleure réponse humanitaire est celle qui ne sera jamais nécessaire », a déclaré Bruno Lemarquis. La prévention n’est pas un luxe, mais un investissement essentiel, a renchéri le haut responsable onusien qui a ajouté que la prévention permet de sauver des vies, de préserver les écoles et les hôpitaux, de protéger les moyens de subsistance et de renforcer la cohésion sociale.

Il a affirmé que la politique adoptée vise également à réorienter les ressources budgétaires nationales et internationales vers des solutions durables.

Plusieurs partenaires techniques et financiers dont des agences du Système des Nations Unies, le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF), les mécanismes liés au climat ainsi que la Banque mondiale ont déjà exprimé leur engagement à accompagner la RDC dans cette transformation.

M. Lemarquis a toutefois souligné que la réussite de cette stratégie repose sur un leadership politique constant, une coordination multisectorielle rigoureuse et une implication inclusive de toutes les parties prenantes. Il a rappelé que cette démarche nécessite une gouvernance décentralisée et participative, mobilisant l’ensemble de la société congolaise.

Tenant compte de la position géographique de la RDC et de ses écosystèmes partagés, il a également insisté sur l’importance de la coopération régionale et de mécanismes transfrontaliers pour une réponse efficace aux risques communs, notamment dans la région des Grands Lacs.

La MONUSCO a réaffirmé son engagement à soutenir la mise en œuvre de cette politique. Pour Bruno Lemarquis, ce texte fondateur constitue « le début d’un Congo résilient, où chaque communauté compte et où la prévention devient une culture ».

La RDC, a-t-il conclut, a choisi une voie exigeante mais prometteuse, afin de protéger durablement ses citoyens et de consolider la paix.

John Wanyanga.

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