RDC : La crise politique et institutionnelle au centre des discussions entre Denis Sassou-N’Guesso et le cardinal Ambongo.

La situation politique et institutionnelle que traverse la république démocratique du Congo en (RDC), ainsi que la crise sécuritaire qui sévit à l’est de ce pays, ont été au centre des échanges que le président de la République, S.E.M Denis Sassou-N’Guesso, a eu le 9 juillet dernier, à la résidence du plateau, avec l’Archevêque de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo.

Au cours de leurs échanges, le chef de l’Etat congolais et l’Archevêque de Kinshasa, ont passé au crible, les différentes facettes de cette double crise politique et institutionnelle qui secoue actuellement la RDC. Cette dernière est venue exacerber les divisions nées de la guerre qui sévit depuis plusieurs décennies à l’Est du pays.

Denis Sassou-N’Guesso qui demeure très préoccupé par cette situation, que traverse « un pays frère », n’est pas resté insensible. Après s’être entretenu le 3 juillet dernier avec son homologue de la RDC, Félix Antoine Tshisékédi Tshilombo sur cette crise, le président Sassou-N’Guesso, en négociateur avisé, a voulu également avoir l’avis de l’église catholique, afin de mieux cerner la difficulté et proposer des pistes de solutions à cette crise multidimensionnelle.

« Préoccupé, par rapport à la situation que traverse notre pays, le président Denis Sassou N’Guesso a voulu écouter le cardinal que j’accompagne parce qu’il considère qu’en tant que pasteur, il a aussi une responsabilité historique de la gestion de la chose commune, de la vie humaine », a indiqué le secrétaire général et porte-parole de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENC0), l’abbé Donatien Cholet, au terme de cette audience.

Le chef de l’Etat Denis Sassou-N’Guesso et le cardinal Fridolin Ambongo, au cours de leurs échanges, le 9 juillet 2026, à la résidence du plateau à Brazzaville.

« Il considère que dans le contexte de l’Afrique d’aujourd’hui, la situation, la fragilité dans notre pays serait quelque chose de très grave. Il a voulu écouter le pasteur, ce qu’il en pense. Il a dit qu’il avait aussi échangé avec notre chef de l’État, le président, le président Félix Antoine Tshisékédi. Il nous a donné des conseils nécessaires pour nous aider à pouvoir sortir de cette crise », a-t-il confié.

Selon le secrétaire général de la CENCO, la fragilité que fait face son pays, est aussi et surtout due à la crise sécuritaire qui sévit dans la partie Est de la RDC, où plusieurs groupes militaires se battent contre les forces gouvernementales, depuis des décennies pour le contrôle des ressources minières dont regorge cette region.

« Vous voyez ce qui se passe de l’autre côté. Le pays est en guerre. Une partie de nos compatriotes ne peuvent plus être en communion physique avec nous pour diverses raisons. Les gens continuent à mourir sur le champ de bataille et ce n’est pas peu de choses », a ajouté l’Abbé Cholet.

L’archevêque de Kinshasa, Fridolin Ambongo en compagnie du secrétaire général du CENCO, l »Abbé Donatien Cholet, au terme de l’audience avec le président congolais.

La rencontre entre Denis Sassou-N’Guesso et l’Archevêque de Kinshasa, intervient quelques jours après les consultations entre les acteurs de l’opposition de la RDC et les confessions religieuses, organisées le 6 juillet dernier à Bujumbura, sous l’égide du président burundais et président en exercice de l’Union Africaine, Evariste Ndayishimiyé.

Ces consultations de haut niveau visaient notamment, à recueillir les propositions des acteurs congolais face à la triple crise politique, sécuritaire et institutionnelle qui frappe la RDC. Outre la coalition d’opposition C64, le chef de l’État burundais a également reçu séparément les représentants de la CENCO, de l’Église du Christ au Congo (ECC) ainsi que de la Plateforme des confessions religieuses et des Églises du Réveil en RDC.

Au terme de ces consultations, les participants ont tous retenu unanimement, « la tenue d’un dialogue national inclusif », comme la solution prioritaire pour sortir la RDC de sa crise multidimensionnelle. Tout en insistant sur le respect de l’ordre constitutionnel, l’opposition affirme que toutes les forces politiques majeures du pays s’accordent désormais sur la nécessité de ces assises.

Francis Leparrain

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