Intégration régionale : Denis Sassou-N’Guesso annonce la suppression des visas d’entrée au Congo, dès janvier 2027.

La ville de Kintélé, dans la banlieue de Brazzaville, a vibré au rythme de la célébration de la Journée de l’Afrique, le 25 mai dernier, en présence des chefs d’Etats et de gouvernements, de plusieurs délégations ainsi que des représentants de la Banque africaine de développement (BAD). Le président congolais, Denis Sassou-N’Guesso, a prononcé à cette occasion, un discours, à la fois mémoriel et tourné vers l’avenir, en annonçant la suppression des visas d’entrée au Congo, dès janvier 20227, pour tous les Africains.

Prélude à aux 61ème assemblées de la BAD, Kintélé a été à l’honneur, en accueillant les festivités marquant la Journée de l’Afrique. A cette occasion, Denis Sassou-N’Guesso a marqué l’Afrique par sa volonté d’accélérer l’intégration régionale à travers la libre circulation des personnes et des biens, considérée comme une étape clé vers l’usage d’un passeport africain unique.

Le geste du chef de l’Etat congolais est à la fois symbolique et concret : Il a annoncé que dès le 1er janvier 2027, l’entrée de tous les ressortissants africains sur le territoire de la République du Congo, ne sera plus soumise à l’obtention d’un visa, sous réserve de dispositions administratives et sécuritaires minimales.

« Je saisis cette occasion solennelle pour annoncer ce jour, qu’à partir du 1er janvier 2027, l’entrée en République du Congo ne sera plus soumise au visa pour tous les peuples africains », a-t-il déclaré sous les applaudissements prolongés de la salle.

Denis Sassou-N’Guesso a ainsi plaidé pour la concrétisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), et l’accélération des infrastructures énergétiques. Il a salué la Mission 300, initiative conjointe de la Banque mondiale et de la BAD visant à électrifier 300 millions d’Africains d’ici 2030. « Aucun État ne peut, seul, construire les infrastructures de développement. Il s’agit pour l’Afrique de se solidariser, de parler d’une seule et même voix », a insisté le président congolais.

Hommage mérité aux figures emblématiques de l’Afrique

Pour Denis Sassou-N’Guesso, la célébration de la journée de l’Afrique s’inscrit dans la mémoire des luttes africaines. Le 25 mai marque le 63ème anniversaire de la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), devenue Union africaine en 2002 à Durban, a rappelé le chef de l’Etat congolais.

Mais, la Journée de l’Afrique, a précisé le dirigeant congolais, « consacre le couronnement des combats menés par les Pères des indépendances africaines qui ont élevé, au prix de leur sang ou au péril de leur vie, le don de soi pour l’Afrique ».

Il rendu hommage aux figures emblématiques qui ont marqué, de plein fouet, l’histoire contemporaine africaine : Eduardo Mondlane, Amilcar Cabral, Samora Machel, Patrice Lumumba, Steve Biko, Marien Ngouabi, Kwame Nkrumah, Léopold Sédar Senghor, Félix Houphouët-Boigny, Julius Nyerere, Nelson Mandela, et bien d’autres.

Le président congolais n’a pas oublié le rôle des femmes à l’instar de Tchimpa Vita, Winnie Mandela et Miriam Makeba, toutes « vectrices du message de liberté, de justice et de fraternité », a-t-il renchéri

L’Afrique, berceau et clé du futur

S’appuyant sur l’histoire et la science, le président congolais a rejeté l’image d’une « Afrique des pauvretés », en affirmant que « l’Afrique sera la clé incontestable pour ouvrir la porte du futur de l’humanité ». Il a rappelé l’existence des civilisations pharaoniques, de Carthage et de l’empire du Mali sous Mansa Moussa. Les découvertes de Toumaï au Tchad et des fossiles d’homo sapiens au Maroc suggèrent que « l’Afrique est le Berceau de l’humanité », a-t-il rassuré.

Pour lui, cette primauté donne au continent une responsabilité particulière face aux défis du développement, grâce au potentiel forestier, hydrique et démographique dont dispose le continent. Avec 600 millions d’hectares de forêts, l’Afrique est le deuxième poumon vert de la planète. Le continent détient une force de travail et de création considérable avec ses 2,5 milliards d’habitants prévus en 2050, majoritairement jeunes.

Il a rappelé que « Les exigences d’aujourd’hui sont essentiellement centrées sur le développement », en soulignant que « les générations d’hier nous ont légué l’Organisation de l’Unité africaine, désormais Union africaine ». Le chef de l’Etat congolais a conclu son allocution en réaffirmant sa vision d’une Afrique unie, souveraine et prospère, prête à jouer son rôle de moteur pour le siècle à venir. Denis Sassou-N’Guesso a ainsi renouvelé son engagement pour la paix, notamment, sur le dossier libyen dont il porte le mandat au sein de l’Union africaine depuis 2016.

La Rédaction

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