Décédée à l’âge de 90 ans, le 11 février 2026 à Brazzaville, Emilie Manima, ancienne ministre des affaires sociales, sera inhumée à Sibiti, chef-lieu du département de la Lékoumou. Peu avant le départ de sa dépouille mortelle, la nation reconnaissante lui a rendu un dernier hommage, le 20 février 2026, au Palais des Congrès, en présence du chef de l’Etat, Denis Sassou-N’Guesso.
L’oraison funèbre a été prononcée, à cette occasion, par la ministre des affaires sociales, de la solidarité et de l’action humanitaire. Elle a salué la mémoire d’une servante dévouée de la République qui appartenait à une catégorie de rares serviteurs de l’Etat, dont l’autorité ne provenait ni du verbe haut, ni de la posture, mais du travail accompli, de la compétence maitrisée et de la constance morale.

« Elle fut une militante de la promotion de la femme, convaincue que l’émancipation des femmes n’est pas un slogan, mais une construction patiente, fondée sur l’éducation, la responsabilité et l’excellence professionnelle. Son parcours a ouvert des portes, brisé des plafonds invisibles et a inspiré des générations », a reconnu Marie Cécile Mboukou Kimbatsa.
Poursuivant son oraison, le ministre des affaires sociales a en outre reconnu en Emilie Manima, une femme qui appartient à cette génération de pionnière qui comprit très tôt que l’émancipation de peuple passe par l’éducation et la santé.

Saluant le parcours exemplaire de l’une de ses prédécesseurs, la ministre Mboukou-Kimbatsa, a souligné qu’avec la disparition d’Emilie Manisma, la Nation congolaise gagne un héritage d’une servante de l’Etat pour qui, la fonction publique n’était pas un privilège, mais une mission, ainsi que d’une femme qui a su combiner compétence technique et responsabilité politique.

« Sa vie ne fut pas seulement une trajectoire personnelle ; elle fut un engagement constant au service de l’Etat, de la santé publique, de la dignité de la femme et de la protection des plus vulnérables », a-t-elle conclu.
Après avoir suivi l’éloge funèbre, le Président de la République, a procédé au dépôt d’une gerbe de fleurs devant la dépouille d’Émilie Manima, avant de s’inclier pour saluer la mémoire de cette servante dévouée de la République, au parcours atypique.

Née le 25 mars 1936 à Brazzaville, Emilie Manima, a été formée à l’école des Sages-femmes à Dakar (Sénégal) de 1956 à 1958, à la veille des indépendances africaines. Elle revient au pays après sa formation et exerça notamment à Pointe-Noire puis à l’hôpital général de Brazzaville, où elle contribua à structurer la pratique obstétricale et à former les Sages-femmes, à instaurer les méthodes modernes de prise en charge.
En 1975, elle fut nommée par le président Marien Ngouabi, en qualité de ministre des affaires sociales et devient de ce fait, la première femme à accéder à cette haute responsabilité. A ce poste, Emilie Manima œuvra pour la protection de l’enfance, la promotion féminine et le renforcement de la solidarité nationale.
Plus tard, elle rejoignit le cabinet du président Denis Sassou-N’Guesso, où elle occupa le poste de Conseillère aux affaires sociales. Là aussi, Emilie Manima poursuivit son action avec la même rigueur, la même discrétion et la même loyauté institutionnelle.
Jules Marité.




