RDC : Shabani tacle les incohérences de Joseph Kabila et épingle les dossiers brûlants de l’administration territoriale.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a réagi ce mardi, 02 septembre aux polémiques et tensions récentes. Lors d’un point de presse conjoint, le Vice-Premier ministre (VPM), ministre de l’Intérieur, de la sécurité et de la décentralisation, Jacquemin Shabani et le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya ont répondu, sans détour, à l’ancien président de la République, Joseph Kabila, notamment, sur la sécurité et les remous politico-administratifs.

L’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, a récemment reproché au pouvoir de Kinshasa de faire obstruction au dialogue national. Répondant à cette accusation, la réplique de Jacquemin Shabani a été cinglante. Le numéro deux du gouvernement congolais a vivement dénoncé ce qu’il perçoit comme une attitude « contradictoire » et « moqueuse » de la part de l’ancien chef de l’État.

‎« On ne peut brandir les armes et en même temps exiger le dialogue. Monsieur Kabila, ancien président élu par le peuple a, aujourd’hui, choisi de soutenir les armes contre des Congolais ; et voilà qu’il se permet de parler de dialogue », a déclaré le VPM, Shabani qui a fustigé le « paradoxe » que représente, selon lui, un ancien président « accusé de soutenir la rébellion du M23 » et qui se présente comme avocat du dialogue. Jacquemin Shabani a qualifié cette posture d’« insultante pour les victimes de l’Est du pays ».

‎pour sa part, le ministre Patrick Muyaya a défendu l’action gouvernementale concernant les allégations de « persécution » contre certains militaires. « Si des détournements ont eu lieu, c’est à la justice de faire son travail. La recherche de la vérité ne saurait être instrumentalisée pour servir des agendas politiques », a-t-il martelé, avant de réaffirmer la volonté du gouvernement de disposer d’« une armée réformée et renforcée ».

‎Le gouvernement confirme une enquête en cours sur l’affaire Kyabula

‎Le Vice-Premier ministre a également apporté des éclaircissements sur la situation de Jacques Kyabula Katwe, le gouverneur du Haut-Katanga, présent à Kinshasa depuis la fin juillet. M. Shabani a affirmé que le séjour de ce gouverneur dans la capitale « s’inscrit dans le cadre d’une instruction en cours ».

‎‎Convoqué initialement pour le 10 juillet par le ministère de l’Intérieur, Jacques Kyabula doit s’expliquer sur un discours jugé controversé, tenu à Lubumbashi lors du 65ème anniversaire de l’indépendance et dont le caractère équivoque avait suscité de vives réactions. Le chef de la territoriale a appelé au « calme et à la retenue », tout en précisant que « l’enquête suit son cours et que toute décision sera rendue dans le strict respect du droit ». En attendant, l’intérim à la tête du Haut-Katanga est assuré par le vice-gouverneur, Martin Kazembe, a-t-il précisé.

‎Shabani réaffirme la légitimité de Kafwimbi

‎le Vice-premier ministre a également clarifié la situation de la mairie de Lubumbashi, où une série d’incidents traduisait une certaine fronde interne. Ferme et précis, Jacquemin Shabani a réaffirmé que Patrick Kafwimbi était et restait le maire de la ville « légalement installé ».


« Les maires sont des agents de l’administration territoriale, ils relèvent directement de la tutelle du ministère de l’Intérieur », a-t-il rappelé, minimisant les récents troubles qu’il a considérés comme de simples « écarts dus à un manque d’expérience ».

‎Rassurant la population, il a ajouté : « Il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Monsieur Kafwimbi gère la ville et je garantis à la population que ces incidents seront rapidement résolus et le calme reviendra. »

‎Une rentrée des classes sous bonne garde

‎Sur une note plus positive, le gouvernement s’est félicité du bon déroulement de la rentrée scolaire 2025-2026. Le VPM a salué la collaboration efficace avec le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), ayant permis une rentrée « dans des conditions acceptables » et surtout sécurisée, grâce à la mobilisation préventive des forces de l’ordre sur le terrain.

‎John Wanyanga

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