Education : la Banque mondiale plaide pour une réforme du secteur en vue de relancer la croissance en Afrique subsaharienne

Malgré les signes d’une reprise économique fragile, la croissance s’enlise en Afrique subsaharienne, menaçant de laisser de côté un grand nombre de jeunes. Le constat est fait par le groupe de la Banque mondiale qui, face, à cette situation, souligne l’urgence de réformer le système éducatif dans cette partie du continent, en vue de lui permettre d’atteindre une croissance plus rapide et inclusive au cours des prochaines années.

Dans un communiqué de presse publié récemment, le groupe de la Banque mondiale a révélé que la dernière édition du rapport Africa’s Pulse, paru le 14 octobre dernier sous le titre « Transformer l’éducation pour une croissance inclusive », deux facteurs sont essentiels pour parvenir à relancer la croissance dans cette région africaine : il faut, d’une part, stabiliser les économies et, d’autre part, transformer l’éducation de manière à doter le sous-continent d’une main-d’œuvre en plein essor, de bases connaissances plus solides et des compétences en adéquation avec les attentes du marché du travail.

Actuellement, en Afrique subsaharienne, sept enfants sur dix n’ont pas accès à un enseignement pré-primaire, et moins de 1,5 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans suivent une formation professionnelle, contre 10 % dans les pays à revenu élevé. Face à ces chiffres, la Banque mondiale estime qu’il devient indispensable, de combler ces lacunes pour permettre à l’Afrique subsaharienne de réaliser tout son potentiel économique et d’assurer une croissance durable et inclusive.

L’institution de Breton Woods recommande également aux décideurs, de soutenir l’entrepreneuriat et les nouvelles startups, de permettre aux petites entreprises de se développer et d’attirer des entreprises établies, afin que les titulaires de diplômes qualifiés, trouvent des opportunités d’emploi attractives lorsqu’ils entrent et progressent sur le marché du travail.

L’Afrique subsaharienne étant la région du monde qui consacre le moins de dépenses par habitant à l’éducation, les auteurs d’Africa’s Pulse estiment que, pour parvenir à une éducation universelle d’ici 2030, les systèmes éducatifs devraient absorber environ 170 millions d’enfants et d’adolescents supplémentaires. Cela nécessitera notamment, la construction d’environ 9 millions de nouvelles salles de classe et le recrutement de 11 millions d’enseignants.

En dépit de ces énormes difficultés, des avancées importantes ont été enregistrées dans cette région au cours des dernières années, précisent les auteurs du rapport. En effet, à l’heure actuelle, 270 millions d’enfants sont scolarisés dans le primaire et le secondaire, et les taux d’achèvement des études primaires se sont considérablement améliorés depuis 2000.

« À l’avenir, les jeunes Africains devront être bien instruits et correctement qualifiés pour avoir accès à des emplois de meilleure qualité et tirer parti des débouchés créés par l’économie numérique et la transition verte, », explique Andrew Dabalen, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique.

Pour lui, « Les gouvernements africains progressent dans leurs efforts de stabilisation des finances et de réduction des déficits budgétaires. Mais le lourd fardeau de la dette limite leurs investissements dans des secteurs cruciaux comme l’éducation, la santé et les infrastructures, qui sont essentiels pour une croissance inclusive à long terme ».

Selon les prévisions du 30ème rapport économique semestriel de la Banque mondiale sur l’Afrique subsaharienne, l’activité régionale devrait croître de 3 % en 2024, contre un point bas de 2,4 % en 2023, principalement grâce à la hausse de la consommation et de l’investissement privés. L’inflation devrait s’atténuer, pour passer de 7,1 % en 2023 à 4,8 % cette année, tandis que la croissance du PIB par habitant se situe seulement à 0,5 % en 2024, contre une moyenne de 2,4 % sur la période 2000-2014.

Les conflits, le changement climatique et l’explosion des coûts du service de la dette sont autant de freins aux progrès. En 2024, le service de la dette absorbera 34 % des recettes publiques dans la région, au détriment des investissements productifs, rappelle ce rapport.

STN-INFO/Jules Marité.

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