La situation sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) cristallise l’attention des dirigeants politiques de la région des Grands Lacs. Cette question a fait l’objet des échanges entre le président de la République, Denis Sassou-N’Guesso et le représentant du secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, Xia Huang, qui a été reçu en audience au palais du peuple, à Brazzaville, le 22 novembre dernier.
Les deux personnalités ont fait, au cours de cette rencontre, une nouvelle fois, le tour de la situation dans cet espace géographique, à la lumière du récent sommet de la CIRGL. A cette occasion et prenant en compte les efforts de l’Union africaine, le diplomate onusien a appelé à plus de synergie.
Pour Xia Huang, il est plus qu’urgent que toutes les pistes de solutions, toutes les propositions formulées qui concourent à la résolution de la crise à l’est de la RDC, soit toutes mises en œuvrent, en vue de multiplier les chances d’un retour durable de la paix dans cette région de la RDC.
« Les deux processus…, notamment celui de Washington repose sur les acquis des processus régionaux, notamment, ceux du processus de Luanda. Et donc on y voit cette complémentarité entre les efforts de paix africains et extérieurs. Et donc aujourd’hui, il est temps de mettre davantage en valeur la synergie de ces efforts », a déclaré Xia Huang, à sa sortie d’audience.
Pour le diplomate onusien, « il revient aux pays africains, aux pays de la région des Grands Lacs, de gérer leurs propres problèmes pour chercher et trouver une ou des solutions qui s’adaptent aux réalités matérielles sur le terrain ».

Au cours du 9ème Sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), tenu le 15 novembre dernier à Kinshasa, en RDC, les Chefs d’Etats et de gouvernements des 13 pays membres de cette organisation, ont appelé à la fin de cette situation de conflits récurrente, afin d’amorcer le processus de construction des infrastructures d’intégration.
En effet, la situation sécuritaire demeure préoccupante en RDC, où les affrontements entre les FARDC et divers groupes armés non étatiques, se sont intensifiés, principalement dans des provinces orientales, depuis le début de l’année. Depuis l’offensive du M23 ayant conduit à la prise de Goma, en janvier 2025, suivie de Bukavu en février, la région connaît une flambée de violence ayant causé des milliers de morts, des blessés et des déplacements massifs.
Pour tenter d’enrayer la spirale, deux initiatives parallèles ont vu le jour. L’accord de Washington, signé le 27 juin sous médiation américaine, engage la RDC et le Rwanda à un cessez-le-feu bilatéral, au retrait progressif des troupes étrangères et à une coopération économique régionale.
Le second cadre est le processus de Doha, placé sous médiation qatarie. Cette initiative qui associe le gouvernement de Kinshasa et le M23, autour d’une même table, a permis la signature, le 19 juillet 2025, d’une déclaration de principes suivie d’un accord d’échange de prisonniers en septembre dernier. Malheureusement, ces deux mécanismes censés se compléter, peinent à produire des effets concrets.
Jules Marité.




