L’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (ARPCE) a démantelé, le 21 août dernier à Brazzaville, un site clandestin de fraude à la SIM box. Menée en coordination avec les forces de police, cette intervention a permis de mettre la main sur deux installations de communications frauduleuses dans la communauté urbaine de Kintélé et à Massengo et Domaine, dans le 9ᵉ arrondissement Djiri.
Selon le directeur des réseaux et services de communications électroniques à l’ARPCE, cette opération porte à six le nombre de réseaux similaires détectés par le régulateur depuis le début de l’année en cours. Selon Benjamin Mouandza, l’intervention menée le 21 août dernier grâce aux équipements de géolocalisation de l’ARPCE a permis l’arrestation du présumé responsable, Dieuveil Pani Lomba. Les agents ont également saisi deux SIMBOX de 16 ports chacune, un modem D-Link, un ordinateur portable, un système de recharge automatique de batteries ainsi que 30 cartes SIM provenant de l’Ouganda.
Les dispositifs SIMBOX sont utilisés pour contourner les circuits officiels d’acheminement des appels internationaux. Ils permettent de transformer des communications venant de l’étranger en appels semblant provenir de réseaux nationaux. Pour y parvenir, les fraudeurs utilisent plusieurs cartes SIM connectées à Internet afin de réinjecter le trafic international sur les réseaux mobiles locaux.
L’ARPCE rappelle que cette pratique constitue une infraction à la réglementation congolaise sur les communications électroniques. Les personnes reconnues coupables s’exposent à des sanctions pouvant atteindre cinq ans d’emprisonnement, ainsi qu’à des amendes comprises entre 100 millions et un milliard de francs CFA, indique-t-on.
D’après le régulateur, les deux réseaux démantelés ont entraîné le détournement de 422 645 minutes de communication en seulement deux mois, représentant un manque à gagner mensuel de plus de 42 millions de francs CFA pour l’État et les opérateurs concernés.
Les enquêteurs ont en outre constaté que les fraudeurs utilisent souvent des cartes SIM étrangères, notamment en raison du renforcement des procédures d’identification des abonnés au Congo. Ces cartes, bénéficiant parfois de conditions avantageuses en itinérance, sont installées sur des serveurs situés à l’étranger puis reliées aux équipements SIMBOX présents sur le territoire national via Internet.
Face à cette situation, l’ARPCE prévoit de renforcer sa coopération avec les autorités ougandaises afin d’échanger des informations et, si nécessaire, de solliciter le blocage des numéros impliqués dans ces activités frauduleuses.
Au-delà des pertes financières, le régulateur alerte sur les risques liés à la sécurité des communications. Il invite à cet effet les abonnés à signaler tout appel suspect, notamment lorsqu’un numéro affiché ne correspond pas au pays d’origine supposé de l’appel.
« Si un appel est présenté comme venant de France alors que le numéro affiché n’est pas un numéro français, il faut le signaler au régulateur », a indiqué Benjamin Mouandza, au cours d’un point de presse, appelant les utilisateurs à contribuer à l’identification rapide des réseaux clandestins.
Pour rappel, les précédentes opérations de démantèlement réalisées en mai dernier avaient permis de découvrir des réseaux ayant détourné plus de 800 000 minutes d’appels, dont 600 000 sur le réseau MTN et 200 000 sur celui d’Airtel, causant un préjudice évalué à plus de 136 millions de francs CFA.
Basile Titi Malinda




