Reçu à son arrivée sur le macadam du boulevard Alfred Raoul par le chef d’état-major général des forces armées congolaises (FAC), le général de division Guy Blanchard Okoï, le président de la République, Denis Sassou-N’Guesso a effectué la revue des troupes à bord de son command-car. Fidèle à la tradition, le bataillon d’artillerie sol-sol a tiré 21 coups de canon, symbole de respect et d’honneur à la Nation.
Avant le début du défilé, le chef de l’État congolais a décoré, à titre exceptionnel, un échantillon de 12 personnalités du secteur agricole et de la diaspora. Elles ont été élevées respectivement au grade d’officier et de chevalier dans l’ordre du Mérite congolais pour services rendus à la Nation.
Le défilé militaire : la rigueur et la modernisation
L’armée a ouvert le bal comme de coutume. Le passage de l’ensemble des unités de la force publique a mis en avant la discipline et le professionnalisme des troupes. Le groupement para-commando a particulièrement retenu l’attention du public et des invités avec son pas lent et cadencé sur le macadam. Ce corps d’élite qui a participé à plusieurs missions de sécurisation au niveau international est aussi celui d’où sont issus les présidents Denis Sassou-N’Guesso, Joachim Yhombi-Opango et Marien Ngouabi.
À 11 h 46, le défilé motorisé a pris le relais. L’assistance a pu mesurer la capacité opérationnelle des différentes unités : véhicules de secours de la Sécurité civile dotés d’équipements de dernière génération et, surtout, le passage remarquable du 1ᵉʳ Régiment blindé équipé de véhicules de type Cobra de fabrication russe, très acclamé par le grand public.
Le défilé civil : couleurs, foi et élégance
La fanfare kimbanguiste a pris le relais de la fanfare nationale des FAC pour cadencer les pas lors du défilé civil. Les majorettes des églises Tenrikyo, catholique, kimbanguiste et de l’Armée du salut qui ont ouvert le bal, ont ébloui la tribune d’honneur par leurs chorégraphies millimétrées. Le textile congolais s’est aussi invité à la fête avec les Sapeurs, dont l’alternance des pas lents et accélérés à la fois a offert un véritable spectacle digne d’une œuvre d’art, soulevant des salves d’applaudissements de l’assistance.
L’administration publique n’était pas en reste. Organisés en pôles, les ministères ont en effet défilé, avec des messages aussi rassurants que mobilisateurs. Il en va de même pour la préfecture de Brazzaville avec ses neuf arrondissements, le district de l’île Mbamou ainsi que la commune de Kintélé.
Les partis politiques de la majorité présidentielle étaient également de la partie. En revanche, un grand nombre de partis de l’opposition, tels l’UPAS et l’UDH-Yuki, ont brillé par leur absence.
Du pas cadencé des soldats à la grâce des majorettes, en passant par l’élégance des sapeurs, Brazzaville a démontré que la célébration de l’indépendance nationale épouse à la fois la mémoire, la discipline et l’ambition d’un Congo tourné vers le développement.
Le défilé civil et militaire marquant le 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Congo a été honoré de la présence de plusieurs hôtes de marque, à savoir : Evariste Ndayishimiye, président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine ; Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine et Mahamadou Issoufou, ancien président du Niger.
Rappelons que le dernier défilé au cours duquel le Congo a reçu un hôte de marque remonte à 10 ans. En effet, le défilé marquant les 56 ans de l’accession du Congo à l’indépendance, le 15 août 2016 à Madingou, était honoré de la présence du président Patrice Talon, alors fraîchement élu à la tête du Bénin.
Olivier Massala



